Portraits de jeunes. Rayan Garbaa, auto-entrepreneur optimiste et dévoué à ses clients, lauréat de la French Tech | Angers

Fondateur de EASYHOME Conciergerie. Habitant du Quartier de Monplaisir.

Après un BTS en Négociation Relation Client, Rayan part une année à Londres pour parfaire son anglais. Il s’engage ensuite à Angers en licence d’Economie Sociale et permute sur un master de Management International. Après des stages qui l’emmèneront de Shanghai aux Pays-Bas, et au Maroc, en passant par l’Allemagne, il rentre à Angers où, ne trouvant pas le travail qui lui plaît, a le déclic de l’auto-entrepreneuriat et crée, avec succès, sa propre activité.

Nom : GARBAA

Prénom : Rayan

Age : 27 ans

Signes distinctifs : Passionné par les voyages, il aime aller à la découverte de nouvelles cultures.

Projets : Il a créé et dirige EASYHOME Conciergerie, une entreprise de services aux propriétaires d’appartements pour lesquels il assure la gestion et l’administration des locations de courtes durées. Un projet innovant qui lui vaut d’être soutenu par Angers Technopole et la French Tech.

Pouvez-vous vous présenter ? Quel a été votre parcours et quels sont vos projets ?

Je suis angevin, j’ai toujours vécu à Angers. Je vis à Monplaisir, un quartier populaire dans le nord d’Angers. Avant, jusqu’à mes 9 ans, je vivais à la Roseraie, un autre quartier dans le sud d’Angers. Donc je connais bien Angers, j’en ai fait le tour du Nord au Sud. Angers c’est la ville où il fait bon vivre selon les classements, c’est une des villes où on se sent le mieux, y compris pour les étudiants. J’ai fait toutes mes études à Angers. Sur la seconde année de mon master, on a ce qu’on appelle un stage de fin d’études qui dure sur 6 mois et je l’ai fait chez Bayer, laboratoire pharmaceutique. Grâce au stage, j’ai pu voyager. Ensuite, je suis resté quelques mois sans trouver le travail qui me plaisait, parce que j’ai voulu rester à Angers. Il fallait que je trouve une alternative sauf qu’à Angers, il n’y avait pas forcément les entreprises adéquates, et là, a surgi l’idée de l’auto-entrepreneuriat. Durant les mois où je n’avais pas de travail, je m’occupais du logement d’un ami et donc la Conciergerie est née comme ça. Je m’occupais du logement, j’accueillais les gens, je faisais le réapprovisionnement, et du home staging. J’ai fait ça pour un ami et ensuite pour ma sœur. Au fur à mesure, je me suis dit pourquoi ne pas créer sa propre conciergerie, pourquoi ne pas faire ça en plus grand nombre et j’ai démocratisé mon service. Je suis une entreprise de service donc mon capitale c’est les gens, j’ai tout à faire pour réussir avec eux et c’est ça qui est magnifique.

« C’est l’ambition qui a été mon moteur, l’ambition d’avoir sa propre structure, l’envie de voler de ses propres ailes, de ne pas forcément être dans un mécanisme de hiérarchie qui pourrait brider les ambitions qu’on apporte et aujourd’hui, je me retrouve totalement de ce que je fais. »

Pour vous qu’est-ce que ça veut dire d’être jeune en 2021 ?

Je veux pas parler de Covid parce qu’on ne va pas le mettre à toutes les sauces mais c’est vrai que ça impacte beaucoup nos vies dans la restriction des libertés. Mais malgré tout en France en 2021, je pense qu’on a une chance parce qu’il y a pas mal de dispositifs qui sont mis en place pour pouvoir réussir. Je pense que les jeunes doivent peut-être plus se concentrer sur le sens de la vie dans le sens où va falloir, c’est un peu la notion anglo-saxonne, être carriériste, miser plus sur son travail que sur les loisirs, parce que le travail paie mine de rien. Moi je suis comme ça aujourd’hui, donc si j’ai un message à faire passer c’est travaille, travaille, travaille, c’est ça qui paiera. En France, on a une chance énorme c’est d’avoir les dispositifs, d’avoir des institutions qui nous soutiennent, donc si on se donne les moyens, si de nature on a une mentalité qui nous pousse, alors il y a tout à faire.

« On a tendance à voir des personnes plus âgées, que ce soit sur la scène politique ou dans les médias, mais il faut que ça faut que ça change, et pour ça, il faut que ça commence par les jeunes. »

Vous faites partie d’une génération traversée par des mouvements sociaux très forts, Black Lives Matter, les Marches pour le climat, #MeToo, etc., qu’est-ce que ça vous inspire ?

Ce que ça m’inspire sincèrement, c’est que j’ai l’impression que la parole des gens s’est beaucoup libérée, les mentalités évoluent, la technologie évolue. Ça m’inspire qu’il y a des combats qui sont justes et qui sont menés en tout bien tout honneur. On aspire tous je pense à être dans l’égalité, dans la justesse. J’ai un profil qui peut être légitime dans le sens où je peux être ambassadeur, je peux mettre en avant mes idées en représentant toute une population, la population des personnes qui sont dans les quartiers par exemple. Moi je ne suis pas polémiste, je suis pas alarmiste mais c’est vrai qu’il y a un dysfonctionnement qui est encore présent et on le voit aujourd’hui, il y a les extrêmes qui montent et pas qu’en France. Tout ce qui est extrême apporte un climat nauséabond qui remet en question le vivre ensemble, la société, le bon fonctionnement des choses, l’égalité au logement, à l’emploi. Il y a des gens qui sont mal informés, qui vont mener un combat sans savoir les répercussions qu’il va y avoir derrière et le mal que ça va créer.

Est-ce que selon vous, il y a des spécificités à vivre ou à grandir dans un quartier ?

La spécificité c’est qu’il y a un vivre ensemble dans les quartiers. Les gens se parlent, se côtoient, alors que si vous allez dans d’autres endroits de la ville, les gens ne se connaissent même pas, certains voisins ne savent pas qui habite à côté, alors que dans les quartiers on a tendance à aller vers l’autre.

« Il y a beaucoup d’associations dans les quartiers, et les gens sont investis, ils veulent aller de l’avant, aller vers le positif. »

Est-ce qu’il y a des choses qui devraient changer dans les quartiers ?

Il y a pas mal de d’aménagements urbains et c’est bien, ça contribue à la vie de tous les jours des gens parce que mine de rien, avoir un réaménagement avec des espaces verts, des espaces de jeux etc., ça montre que ces personnes existent et qu’elles ne sont pas sous-estimées. Ça apporte de la cohésion, ça apporte un réjouissement de la population. Peut-être que ce qui doit être amélioré, c’est une considération des gens qui vivent là, qu’ils soient considérés comme des gens égaux aux autres.

Comment avez-vous vécu le confinement et les restrictions actuelles liées à la situation sanitaire ?

Quand les gens perdent ce lien social ils sont vite déstabilisés, il faut être fort mentalement. Aujourd’hui on vit quelque chose d’«extraordinaire» parce qu’on l’a jamais vécu. Après, ça impacte énormément mon travail, les gens ne peuvent plus se déplacer. Je vois de l’espoir, les campagnes de vaccination se font petit à petit, les laboratoires pharmaceutiques se démènent, et si les plus fragiles se font vacciner c’est très bien.

Quel serait votre rêve ?

Le rêve c’est qu’on ne soit plus confinés (rires). Le rêve c’est que mon entreprise se développe, parce que quand on se lance dans un challenge, c’est pour que ça aboutisse sur la durée. Donc déployer mon service sur la région, dans l’ouest et après, pourquoi pas, nationalement. Et pour la France, le rêve serait de préparer le monde de demain sous de meilleurs auspices et que tout le monde soit bien intégré, que tout le monde ressente l’envie de vivre tout en étant serein, en paix, et dans le respect.

Propos recueillis par Claire Gadebois