Urbanisme tactique. Répondre aux nouveaux besoins créés par la distanciation physique

La nécessité d’observer une distanciation physique dans les espaces publics ou résidentiels posent inévitablement de nouveaux enjeux dans les espaces publics et dans les mobilités qui ont été assez largement médiatisés notamment par la mise en place de pistes cyclables temporaires mais que nous proposons de revisiter rapidement. En effet, si ces actions ont une portée importante, elles sont assez largement documentées.

 

L’organisation des espaces publics : des Open Streets aux pistes cyclables temporaires #COVID19Streets

Assez rapidement, la perspective d’un déconfinement soumis à l’impératif de distanciation physique a mis en évidence l’impossible utilisation des transports publics dans des conditions normales ainsi que la sous-dimension régulière des espaces dédiés aux mobilités piétonnes et cyclistes en comparaison des espaces dédiés à la voiture. Face à ce report modal inévitable, le risque est de cumuler une congestion automobile et une congestion cycliste ou piétonne au regard des mesures de distanciation sociale. Pour éviter cette situation, et pour privilégier le partage des espaces publics au profil des mobilités douces, des aménagements temporaires ont pu être mis en place comme ceux recensés par Mike Lydon.


Open Streets et open Streets DIY

#Covid19Streets typology par Mike Lydon

Ces rues résidentielles sont fermées à la circulation automobile – sauf pour les riverains généralement – par des signalisations utilisées pour les travaux de voierie ou par des barrières « moins conventionnelles » pour le cas des open Streets DIY (jardinières, barrières, etc..). Cette fermeture à la circulation peut être limitée à certains temps comme le week-end par exemple permettant aux riverains de s’approprier les différents espaces, ou aux enfants de jouer en sécurité tout en agrandissant considérablement les surfaces piétonnes.

Avant le Covid-19, les expérimentations de fermeture à la circulation ont plutôt ciblé des espaces stratégiques ou symboliques comme les voies sur berges à Paris et/ou se caractérisaient par un caractère temporaire – avec l’exemple « extrême » de Bogota qui interdit les circulations automobiles tous les dimanches ou jours fériés [en savoir plus]. Les expérimentations d’open Streets dans le contexte du déconfinement ont généralement deux usages. Celui d’agrandir un plateau piétonnier comme par exemple une voie au milieu/en bordure d’un parc, ou pour sécuriser la sortie des écoles, ou encore pour offrir plus d’espaces publics à des secteurs qui en sont dépourvus.

Pour aller plus loin : https://openstreetsproject.org/

 

Trottoirs ouverts

Dans ce cas de figure, les stationnements sont détournés pour agrandir les trottoirs. Ces dispositions peuvent être, à l’échelle d’une rue, continues ou discontinues en fonction des problématiques de circulation piétonne. Ainsi, cet aménagement temporaire peut permettre d’accueillir une circulation piétonne plus importante en compensant l’étroitesse de certains trottoirs pourtant fréquentés s’il est continu ou, par exemple, accueillir les files d’attentes devant les commerces ou pourquoi pas les terrasses, s’ils sont ponctuels.

Au-delà de l’utilisation de certains stationnements pour les circulations ou les attentes, les trottoirs ouverts peuvent aussi être l’objet d’appropriation plus importante s’inspirant par exemple des park(ing) day – événement américain depuis expérimenté en France [en savoir plus] – et des parklet.

Pour aller plus loin : La « zone de rencontre » est-elle l’avenir du trottoir ? par Cécile Peltier

 

Les rues partagées

Sur le même principe que les open Streets, les rues partagées laissent tout de même en place la circulation automobile tout en cherchant par des « obstacles » et des incitations à limiter la vitesse de circulation pour permettre un usage partagé de la rue.

 

Les pistes cyclables temporaires

Ces aménagements temporaires destinés à favoriser les déplacements cyclistes en accordant plus de place et de sécurité sur les axes clés ont été assez largement médiatisés et des organismes publics comme le CEREMA ou l’ADEME proposent déjà des ressources importantes (voir en fin d’article).

 

Anticiper, accompagner et tester.

Extrait de Milan 2020. Adaptation strategy

Ces aménagements à faible coût et rapides à mettre en place sont autant d’avantages qui permettent de tester des configurations de circulation en fonction des contextes, des attentes et des possibilités locales. La ville de Milan a réalisé en ce sens un guide (en anglais) où elle présente une typologie des interventions temporaires en fonction des caractéristiques et des contextes des axes où elle est intervenue avant et suite à la crise sanitaire. Plus largement, Mike Lydon recense dans un tableur public les différentes initiatives d’aménagement temporaire suite au Covid-19 dans une perspective internationale (initiatives internationales).

 

 

 


Ressources pour aller plus loin :

 

 


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Aménagements temporaires : participer, favoriser les initiatives pour faciliter l’été dans les quartiers

Pour faire face aux difficultés qui s’annoncent cet été, les méthodes et les expériences de l’urbanisme tactique permettent d’apporter réflexions et éclairage quant à l’espace public et ces utilisation possibles.

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