Recherche-action Jeunesse
Première phase : 2009-2010
Durant les années 2009 et 2010, RésO Villes a engagé avec sept villes du grand Ouest - Angers, Brest, Lorient, Nantes, Quimper, Saint-Nazaire et Rennes -, en partenariat avec l’INJEP et les DRJSCS Bretagne et Pays de Loire, une recherche-action, dont l’objectif était d’interroger l’offre politique impulsée à l’échelle locale par les municipalités et leurs partenaires en direction des jeunes des quartiers, afin, d’une part de mettre en avant les faisceaux de représentations, d’enjeux et de constats à partir desquels se construisait cette offre, et, d’autre part d’en apprécier la pertinence.
La démarche fut construite tout au long de l’année 2008 avec des professionnels travaillant en lien avec la thématique jeunesse dans les villes précitées (directeurs de service mairie, chefs de projet CUCS, chargés de mission…). La réflexion engagée par ces derniers nous a conduit à axer la recherche sur le public 16-30 ans en raison des préoccupations nouvelles qui émergent chez les jeunes dans cette période de leur vie et qui nécessiteraient une prise en compte spécifique dans le cadre des politiques publiques, notamment à l’échelle locale.
En effet, nous partions du présupposé qu’à partir de 16 ans, âge de la fin de la scolarité obligatoire, les jeunes deviennent de plus en plus autonomes dans leur construction personnelle. L’action éducative encadrée ne constitue plus une condition sine qua non de l’intervention publique pour ce public d’« adolescents » et/ou de « jeunes adultes ». Les besoins exprimés par ceux-ci sont orientés vers la reconnaissance sociale, l’indépendance matérielle et financière dans le but de s’épanouir pleinement dans cette nouvelle forme d’autonomie. Dans cette période, ils s’inscrivent davantage dans une demande d’accompagnement vers les attributs de l’âge adulte (emploi, formation, logement…). En ce sens, ils interpellent toutes les dimensions de l’action publique, ce qui peut expliquer le sentiment des acteurs d’une politique de jeunesse morcelée entre les divers fragments de l’échiquier politique et institutionnel.
C’est pourtant bien dans ce cadre qu’une politique jeunesse prend forme ; elle vise l’accompagnement des jeunes dans cette période de la vie dans leur évolution vers l’âge adulte. Elle s’impose d’autant plus que la jeunesse tend à se précariser et s’allonger pour trois raisons essentielles : déclin des rites de passage institués vers l’âge adulte (service militaire, mariage, communion…), entrée dans la vie active difficile, de plus en plus tardive et incertaine en raison d’une conjoncture économique défavorable aux jeunes (taux de chômage des jeunes supérieur de 7 points à la moyenne nationale) ; et allongement des études. Comment alors penser une politique de jeunesse qui favorise l’égalité entre tous les jeunes en permettant à chacun de trouver sa place dans la société ?
Dans cette perspective, la réflexion que nous engagions avec nos partenaires devait nous amener à une meilleure connaissance des jeunes âgés de 16 à 30 ans des quartiers populaires autour d’une triple interrogation :
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Comment les jeunes des quartiers traversent-ils cet âge de la vie ?
- Constituent-ils une composante singulière de la jeunesse contemporaine et pourquoi ? - L’action publique, notamment locale, doit-elle envisager ces jeunes de manière spécifique et comment ?
En savoir plus sur la première phase de la recherche-action
Deuxième phase : 2011-2012
Les sept Villes partenaires de la recherche-action – Angers, Brest, Lorient, Nantes, Quimper, Rennes et Saint-Nazaire – par la voix de leurs élus réunis en comité de pilotage le 25 novembre 2010 à Brest, ont exprimé leur souhait d’éprouver les référentiels et les préconisations pour l’action publique qu’a produits la recherche-action. Il s’agit là d’une deuxième phase de la recherche-action.
Pour ce faire, les sept Villes proposent de s’engager dans la mise en œuvre d’un nouveau projet ou dans la ré-interrogation d’un projet en cours. Ainsi, chacune d’entre elle soumettra une de ses expériences à l’expertise des six autres et des partenaires dans le but de l’améliorer, de l’évaluer et de la capitaliser.
RésO Villes accompagnera ainsi chaque ville qui pourra alors bénéficier d’une expérimentation qui tienne compte des spécificités de son territoire.
Cette démarche pourra, le cas échéant, être ouverte à toute autre ville des régions Bretagne et Pays de la Loire.
Les objectifs généraux de la phase 2 de la recherche-action sont les suivants :
- Renforcer la prise en compte des spécificités des jeunes des quartiers populaires dans les politiques de jeunesse et de droit commun.
- Renforcer l’articulation entre la politique de jeunesse et la politique de la ville.
- Garantir l’accessibilité des jeunes des quartiers populaires à l’offre développée au titre d’une politique de jeunesse de droit commun.
- Expérimenter et évaluer des projets innovants.
- Produire, capitaliser et diffuser de nouvelles connaissances sur l’action publique en direction des jeunes des quartiers populaires.










