[Interview] Les habitants sont porteurs de savoirs et d’expériences

Zoom sur L’association « Un Pas de Côté » partenaire de RésO Villes dans le cadre de la formation des conseils citoyens de Bretagne. L’association Un Pas de Côté accompagne des initiatives collectives, notamment à travers l’animation de modules de Formation Civique et Citoyenne. Le formateur, Julien Estival a organisé et animé des débats en quartiers populaires sur des enjeux de société, en particulier sur les discriminations, pendant une dizaine d’années.

Extrait de l’interview de Julien Estival


Julien pouvez-vous en quelques mots nous présenter l’association Un Pas de Côté ?

L’association Un Pas de Côté fonde sa petite histoire dans la grande Histoire de l’éducation populaire et des luttes pour l’égalité des droits. Elle a vocation à être une intersection, invitant au questionnement, au débat, à l’éveil. Pour nous, le chemin est plus important que le but, la suggestion que l’explication, l’expérience que le discours. Il s’agit d’inviter à prendre les rênes de nos vies pour en orienter les trajectoires, individuelles et collectives, libres et déterminées, sensibles et sociales. Les gens qui participent à nos formations sont porteurs et porteuses de savoirs et d’expériences, de volontés à mettre en pratique, fruits de leurs parcours, pour agir sur nos environnements et nos conditions sociales, économiques, politiques ou écologiques. Un Pas de Côté est un levier.

Quel regard portez-vous sur les conseils citoyens ?

Les conseils citoyens amènent des personnes qui ne se connaissent pas à se rencontrer, à réfléchir et à échanger ensemble. Des habitants ont accès à des espaces et des sujets de discussion qu’ils n’auraient pas eu autrement : la représentativité et la légitimité de leur prise de parole, la circulation de la parole dans le groupe, les manières d’aller à la rencontre des gens du quartier, comment donner un avis collectif et pluriel… En ce sens, les conseils citoyens sont un vrai catalyseur dans la trajectoire de vie d’habitants des quartiers populaires.
Par ailleurs, entre un rôle consultatif qui limite leur impact et leur représentativité, une envie d’agir et de porter la parole des habitants de leur quartier, les conseiller-e-s doivent trouver les chemins de traverse pour rester mobilisés et trouver voix au chapitre. Il s’agit de tensions qui sont aussi des sources de dynamique et de créativité. Une fois les contraintes bordant le rôle du conseil citoyen et les contours techniques de la politique de la ville abordés, les conseiller-e-s sont forces de propositions et d’idées précieuses, car chevillées aux réalités du quartier dans lequel ils et elles vivent […]

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.yallerparquatrechemins.fr

Article mis en ligne le 16 mars 2018