Environnements Solidaires – Valoriser les déchets n’a jamais été aussi utile

Cette association d’insertion a pour but d’améliorer le cadre de vie des habitants du quartier de Bellevue, dans la métropole nantaise. Elle est née d’un partenariat innovant et fructueux entre un bailleur social, Atlantique Habitations, et la régie de quartier, OCEAN.

Associer insertion et protection de l’environnement

L’idée de créer ce projet part du constat d’un souci de gestion des encombrants. Ce problème, qui n’est pas propre au quartier de Bellevue mais revient d’une manière récurrente dans les quartiers, nécessite de trouver une solution innovante. Un autre enjeu de départ concerne l’insertion des habitants, qui a été observée par Atlantique Habitations parmi ses locataires. S’associant à OCEAN en 2012, le partenariat entre ces deux acteurs permet alors de répondre simultanément à ces problématiques : il s’agit de créer un dispositif d’insertion, Encombrants Solidaires, dont le but est de recueillir, mais aussi valoriser les encombrants. Quatre résidences sont alors identifiées comme base d’action, avant un déploiement plus large. Très vite, les bailleurs sociaux de Bellevue s’associent et intègrent les habitants de Bellevue pour la « maîtrise d’usage » de leur quartier. Le dispositif change de nom et devient désormais « Environnements Solidaires ».

La dynamique impulsée par le projet s’appuie sur trois piliers :

– l’insertion sociale et professionnelle avec et pour les habitants ;

– la création de liens sociaux ;

– la préservation de l’environnement.

Un halo de sensibilisation citoyenne impulsé par le dispositif

Au-delà du simple acte de ramassage, les équipes se mobilisent pour sensibiliser les habitants à la question du réemploi, de la prévention des incendies ou encore le soutien aux personnes en situation de précarité : les encombrants deviennent la porte d’entrée d’une action bien plus globale sur le quartier. En 2015, les actions se diversifient avec la collecte de déchets verts et la mise en place de 12 bacs composteurs sur le quartier. Toujours dans le même esprit, les habitants sont sensibilisés à la question simultanément à cette installation. La même année, le dispositif migre vers une forme associative, évoluant à travers cinq collèges.

Une reconnaissance  nationale

Environnements Solidaires est lauréat du Prix « La France s’engage », démarche nationale présidée par François Hollande. Un sacré coup de pouce et une reconnaissance pour l’équipe nantaise ! En 2017, Environnements Solidaires prend de l’ampleur : un partenariat avec Nantes Métropole Habitat se noue, ce qui lui permet de se déployer sur tout le quartier de Bellevue et d’expérimenter son action auprès de 2000 habitants. Cette extension atteste du succès de l’association et de la création de valeur qu’elle génère (marchande et non marchande) sur ce territoire.
Repères Association Lieu : Quartier Bellevue, à Saint-Herblain/Nantes Thème : réemploi, insertion, encombrants Action : chantier d’insertion visant à collecter et valoriser les encombrants du quartier Contact : Hélène CLÉMENT Chargée de mission Environnements Solidaires helene.clement@environnements- solidaires.org
39Le développement économique des quartiers                  décembre 2018
Un avenir pourtant  en suspend
De par son activité d’insertion, le financement d’Environnements Solidaires repose en partie sur des subventions publiques, ce qui soulève la question de la pérennité de ce modèle dans un contexte de plus en plus tendu. La réforme des contrats aidés1 pose notamment question : représentant 30 % du financement actuel de l’association, comment réussir à compenser cette potentielle perte de fonds ? Apparaît donc une nécessité d’augmenter la part d’autofinancement de l’association en l’élevant au-delà des 20 % actuels. L’une des pistes envisagées est de développer la part des services marchands de proximité proposés aux habitants de Bellevue. A retenir – l’action conjointe des bailleurs sociaux a permis de soulever un problème récurrent et d’y trouver une solution commune.
1 Les contrats aidés regroupent 4 types de contrats (pour le secteur marchand, non-marchand, pour les jeunes de moins de 30 ans, et enfin pour les 18-25 ans en difficulté avérée face à l’emploi). Leur conclusion ouvre droit à un financement public pour l’employeur. Le but est donc de favoriser l’emploi de personnes exclues tout en aidant des structures au modèle économique parfois fragile (c’est tout particulièrement vrai pour le secteur non-marchand). Mais ils ont été remis en cause en 2017 car jugés inefficace dans la création d’emplois. Une réorientation du dispositif est appliquée depuis janvier 2018, en réduisant le nombre de contrats aidés de 43 % par rapport à 2016 (200 000 prévus en 2018).
– les déchets, qui sont une problématique notamment en milieu urbain, peuvent être vus comme une ressource : la loi de transition énergétique de 2015 fixe l’objectif de valorisation de 65 % des déchets d’ici 2025. – la pérennisation de l’activité se joue aussi du point de vue du modèle économique : comment financer l’insertion par l’autofinancement ?
« L’originalité du projet, c’est de recruter des opérateurs de quartier qui sont tous des habitants du quartier. » Hélène Clément Chargée de mission Environnements Solidaires
Chiffres clés 52 tonnes d’encombrants récoltés 1/4 de meubles, et plus d’ 1/3 déchets électriques et électroniques 49% des encombrants récoltés ont été réemployés 14% ont été donnés aux habitants