Un après midi dans le quartier Gumenen Goaner Parco Pointer – 29 novembre, à Auray

Située au cœur du golfe du Morbihan, la ville d’Auray est réputée pour ses atouts touristiques : proximité des plages du Golfe et de la côte sauvage, patrimoine historique du centre de ville et du Port de Saint Goustan, vitalité et attractivité commerciale.

Lors de notre visite à Auray le 29 novembre 2016 avec le réseau des correspondants, c’est un visage moins connu d’Auray que nous avons découvert : le quartier prioritaire Gumenen Goaner Parco Pointer.

Si la nouvelle délimitation du quartier est récente (2014), l’histoire de la politique de la ville à Auray a elle débutée dès les années 1980. Au fil des années, le territoire prioritaire a notamment bénéficié d’un Conseil Communal de Prévention de la Délinquance, d’une opération de renouvellement urbain, ou encore de la mise en place d’un programme de réussite éducative.

C’est donc en compagnie de professionnel.le.s de Guingamp, Lannion, Saint-Brieuc, Dinan, Vannes et Concarneau que nous avons suivi François Xavier Boussemart, correspondant de RésO Villes pour le contrat de Ville d’Auray, qui nous a guidé dans cette déambulation urbaine.

En se promenant dans le quartier, on se rend vite compte de ses nombreux atouts avec notamment une offre de services variée grâce à la présence d’acteurs de proximité : écoles, service jeunesse, programme de réussite éducative, agence de Bretagne Sud Habitat, Maison de quartier, Mission Locale, Maison de loisirs…

A proximité du centre de loisirs Arlequin, notre point de départ,  nous faisons une première « rencontre » avec une bibliothèque de rue. Cette boîte à livre est proposée dans le cadre d’un partenariat entre le Lycée d’Enseignement Agricole Privé Kerplouz, la Ville d’Auray et l’AFPA. Ces boites disposées dans trois points de la ville sont utilisés par les habitants, mais aussi les personnes de passage et permettent de faire vivre la culture par l’échange et le don.

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Nous continuons notre chemin et longeons plusieurs cellules commerciales qui apportent  de l’activité dans le quartier : une auto-école (lauréate du concours Talents des cités en …) , une entreprise de services à la personne, un coiffeur, et aussi les locaux de l’antenne du Morbihan de l’IREPS (Institut Régionale d’Education et de Promotion de la Santé).

Dans le cadre du projet de reconstruction du quartier, l’IREPS avait été sollicité pour engager une réflexion sur la santé environnementale et a accompagné la création d’un jardin partagé, aujourd’hui géré par le Conseil Citoyen et l’association Vert le Jardin en lien en 2015 et 2016 avec l’Ireps qui en assure la coordination.

Nous poursuivons notre visite en nous rendant dans les locaux du service jeunesse, où nous tombons (c’est paradoxal mais fort sympathique) sur une séance de danse de salon réunissant des personnes du 3e âge.  On y découvre aussi qu’il s’y tient des permanences d’écrivain Public, pour fournir une aide à la rédaction de documents administratifs ou personnels.

Non loin du service Jeunesse, se trouvent les bureaux du service Réussite Educative, directement implantés au sein de l’école Tarbarly. La coordinatrice / référente du dispositif accompagne chaque année 40 enfants, pour 25 familles. Le dispositif PRE assure aussi la coordination d’ateliers Français Langue Etrangère (FLE), ainsi que l’animation du Club Coup de Pouce, sur l’apprentissage de la lecture.

C’est en remontant quelques rues plus haut que nous sommes accueillis à la « MAL », la Maison d’Animation et des Loisirs,  une association qui existe depuis 1972.
La MAL propose un panel très large d’activités de loisirs : danse, musique, arts plastiques, cuisine, sports, photos, rénovation de meubles anciens, ateliers numériques et propose des tarifs maîtrisés pour que l’aspect économique ne soit pas un frein. Si la MAL rayonne sur le territoire du Pays d’Auray (55% des adhérents viennent des communes environnantes), l’association souhaite renforcer son lien avec le quartier prioritaire. En effet, sur 2000 adhérents, seulement 5% viennent du quartier. Aujourd’hui, tout l’enjeu est de déconstruire la barrière culturelle qui empêche encore certains de pousser la porte.

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Notre visite s’achève par une belle découverte : La bécane 56, atelier participatif autour de la réparation de vélo !

Créée au cours de l’été 2014, l’association Labecane 56 a ouvert un atelier-chantier de réinsertion basé sur la remise à neuf de vélos, dans le quartier Parco Pointer, dans des locaux de Bretagne Sud Habitat.
Après plus d’un an de fonctionnement, l’association peut se féliciter d’un bilan réjouissant :
•    Une activité en expansion : réparation, recyclage, prêt de vélo, vente de pièce détachée
•    Un espace de stockage triplé (12 locaux mis à dispositions par BSH)
•    Des partenariats réussis, comme celui avec le Lycée technique, la Ville de la Trinité sur Mer et l’AFPA.
Développement durable, mobilité, insertion, loisirs, cohésion sociale : l’association est un véritable vecteur de lien social sur le territoire. D’ailleurs, ¾ de ses adhérents vivent sur le quartier prioritaire, signe que la Bécane a été adoptée par ses voisins.

En cette fin d’après-midi ensoleillée, nous repartons enrichis par ces expériences associatives, culturelles et urbaines que la politique de la ville accompagne. La preuve, s’il fallait encore le démontrer, que les ressources de nos quartiers méritent d’être connues et valorisées.

Merci à François Xavier Boussemart pour avoir organisé cette visite pour le Réseau des Correspondant.e.s de RésO Villes.

Date de mise à jour de l’article : 15 décembre 2016