Expérience : A Vannes, Mine de Rien apporte un soutien éducatif aux familles

Fondée en 2007, Mine de Rien occupe, depuis quelques années, un local situé au sein de l’école Armorique, dans le quartier Kercado, à Vannes. Proposant des activités régulières et des événements ponctuels destinés aux enfants et aux parents, l’association s’attache à promouvoir l’éducation populaire et le vivre ensemble.


Après avoir occupé le sous-sol d’un immeuble à ses débuts, l’association Mine de Rien a emménagé, en 2011, dans un local prêté par la mairie de Vannes. Ce qui lui permet d’être en contact direct avec les familles qui fréquentent l’école Armorique.
Outre des activités régulières (notamment tricot, couture, méditation, informatique, cuisine, jeux, chants), deux temps forts hebdomadaires y sont proposés, dédiés à la rencontre et à l’échange. Le premier, programmé le mercredi, de 14 h 30 à 17 h, accueille une quinzaine d’enfants et parents. Proposé le vendredi, juste après l’école, le second s’intitule Le Petit Café. « Le but est de se retrouver à la sortie des classes, autour d’un café ou d’un gâteau. Ce rendez-vous est très important. » explique Soraya Hallassi, bénévole active de Mine de Rien.
Ces moments de convivialité se déroulent dans une certaine liberté :

« Les parents peuvent jouer avec leurs enfants ou discuter entre eux. Nous promouvons la lecture au maximum, nous mettons en avant des jeux éducatifs simples afin d’apprendre à lire, à compter, à penser, mais, l’enfant est libre de jouer, de s’enchanter par le jeu. Nous faisons en sorte d’apprendre des chose simples aux enfants, et d’aider les papas et les mamans. »

A Kercado, quartier défavorisé vannetais, la diversité culturelle des habitants est prégnante (Algérie, Maroc, Erythrée, Tunisie, Côte d’Ivoire, Mongolie, pays de l’Est) et le pourcentage de familles monoparentales important. « Nous accueillons beaucoup de mamans, quelques papas. Ils sont souvent fatigués, parfois essoufflés, désireux que leurs enfants aillent vers plus d’autonomie. Ils viennent à Mine de Rien pour se ressourcer. Nous leur laissons une liberté au niveau de la parole : chacun peut s’exprimer avec ses mots et dans sa langue. »
Forte d’une trentaine de bénévoles et d’environ 230 adhérents, soutenue par l’Etat, la Ville et la CAF, dans le cadre du contrat de ville, l’association ne s’en tient pas là, et multiplie les événements propices à la rencontre : petit-déjeuner de rentrée, sorties vélo, barbecue, repas de Noël sur l’esplanade du Port, soirées dansantes, repas partagés, et, au sein de l’atelier Répa Vélo créé spécialement, conseils de réparation de vélos (80 familles concernées en 2016).
Certaines de ces animations donnent lieu à des partenariats, telles les séances de coiffure gratuites en coopération avec les apprentis-coiffeurs du CFA de Vannes, ou encore la sensibilisation au gaspillage alimentaire, grâce à la mobilisation de cuisiniers vannetais. « Prochainement, nous organisons une conférence intitulée Parents en France avec ma culture d’origine. Lors de réunions, nous échangeons avec les éducateurs de rue. Nous sommes aussi en contact avec le Centre Socio-Culturel du quartier. »
Quelle que soit l’action menée, Mine de Rien poursuit la même vocation depuis sa création : promouvoir l’éducation populaire et le vivre ensemble auprès des familles. « La socialisation, c’est très important. »

« Ici ce qui m’attire c’est que l’éducation de l’enfant se fait dans l’universalité, on y rencontre toutes les cultures et langues. C’est avec cette éducation à la parentalité toujours bienveillante que j’ai appris que les mots sont des cadeaux. J’y puise la confiance, l’apaisement nécessaire pour vivre pleinement avec mon enfant. Ici tout est fluide et tout est en mouvement. »

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Article rédigé par Isabelle Corbé, octobre 2018